Il était une fois une petite fille de 7 ans qui réalisait les habits de son nounours préféré dans les chiffons à poussière de sa maman.    Un morceau dans un vieux pull, du fil à bâtir, un rouleau de sparadrap pour dessiner les emmanchures … et hop un gilet pour Pollux (vous vous souvenez du Manège Enchanté ? ).

Eh oui, cette petite fille s’était moi ! D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours baigné dans cette atmosphère de tissus, de fils et d’odeurs de pattemouille. Ma mère et ma grand-mère cousaient la plupart de nos vêtements à moi et à mon frère : robes, pantalons, vêtements de cérémonies… En tant qu’aînée de parents eux-mêmes aînés de leurs familles, j’ai assisté aux mariages de 6 ou 7 de mes oncles et tantes et donc eu droit à autant de robes de demoiselle d’honneur faites maison.

  J’ai réalisé ma première jupe vers 12 ou 13 ans. Je m’en rappelle encore comme si c’était hier : une petite jupe froncée dans une belle cotonnade noire imprimée de petites fleurs (on appelait cela un « imprimé grand-mère ») avec de la broderie anglaise en garniture de l’ourlet.

Ensuite j’ai toujours cousu de façon plus ou moins intensive selon mon temps disponible. Vers 20 ans, pendant quelques mois j’en ai même fait mon travail : retouches en tous genres,      rideaux et même la restauration de l’ensemble des cousins d’un bateau de plaisance. Mon grand rêve c’était de faire ma robe de mariée, mais le jour venu, de peur de ne pas y arriver, j’ai renoncé à mon rêve et acheté ma robe !

Cinq ans plus tard, quand ma petite sœur – nous avons 11,5 ans de différence d’âge – m’a annoncé son mariage je lui ai immédiatement proposé de lui réaliser sa robe en cadeau … et voici comment a débuté une fantastique aventure !

Je pensais qu’elle choisirait un patron du commerce, tout fait, avec les instructions comme ceux que j’utilisais pour faire mes propres vêtements, mais que nenni !

Un dimanche, après le déjeuner familial, Armelle (c’est ma sœur ! ) s’est assise à côté de moi sur le canapé avec un catalogue de robes de mariées et m’a montré une petite photographie d’environ 5*8 en disant « j’en voudrais une comme cela ! ». Un devant avec un corsage finissant en pointe sur une jupe assez droite toute l’ampleur devant se trouver à l’arrière, et une traîne ! Et bien, même pas peur ! Moi qui n’avais jamais réalisé un patronage     ni même suivi un cours de couture – vous imaginez donc mon inconscience – j’ai acheté un patron pour le corsage, un autre pour la jupe, recoupé, retaillé, scotché … pour finir par faire un patron qui je l’espérais donnerait une robe semblable au modèle rêvé !

Mais bon, « prudence étant mère de sûreté » comme dit le proverbe, j’ai d’abord réalisé une toile dans un vieux drap. Comme évidemment nous n’avions pas de table assez grande pour les différents panneaux de la jupe, c’est par terre, à quatre pattes sur la moquette que j’ai découpé les pièces.  

 

La réalisation de la toile

Je crois, qu’Armelle et moi, nous n’oublierons jamais la tête de ma mère lorsque ne sachant rien de ce 1er essai, a vu défiler devant elle sa fille cadette, fière comme Artaban, dans une ébauche de robe qui ressemblait plus à un sac à patates qu’à une robe de mariée ! Après lui avoir expliqué que c’était juste pour vérifier la justesse du patron, nous avons continué. J’ai réalisé d’abord la doublure (pour vérifier une fois de plus que tout allait bien) puis la robe.

Et nous voici aux premiers essayages !

Premier essayage

L’ampleur du dos de la jupe est obtenue grâce au jupon réalisé dans un organza assez rigide, comme une jupe portefeuille mais dont la croisure est à l’arrière. Une  double épaisseur de fronces sur les panneaux arrières (plus de 8 mètres de tissu ! ) permet de faire « gonfler » le dos de la jupe.   

Le jupon

 

Agrémenté d’une dentelle dans le bas et de plusieurs rangs de points décoratifs, j’en ai fait chauffer ma machine à coudre !

 

Détail des broderies

 

Le bas du corsage est bordé d’un petit volant avec des incrustations de petites roses en tissu et de perles (invisibles sur les photos). La robe est fermée dans le dos grâce à 52 petits boutons de nacre. Les boutonnières sont constituées de petites brides au crochet. C’était un cadeau pour mon beau frère !

Détail du corsage

 

 

Une fois la robe terminée, un petit tour au pressing ! Au retour, l’avant veille du mariage, le tissu s’est légèrement détendu et les dernières brides ne sont plus alignées avec les boutons. Un ou deux millimètres c’est pas grave pour le commun des mortels, mais pour les couturières c’est une vraie catastrophe ! Tout le reste n’existe plus ! On ne voit plus que cela ! Pas de panique ! Un nœud judicieusement positionné – « Pas trop grand ! » , me précise Armelle qui n’aime pas trop les fanfreluches – et le tour est joué ! Je le trouvais petit alors j’en fais un autre beaucoup plus grand. Heureusement, parce qu’Armelle ralliée elle aussi à cette opinion, préfère le grand qui finalement rejoint la robe moins d’une heure avant l’habillage !

Les mariés le jour J

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais comme mon inconscience devait être à son apogée, j’avais aussi le projet de réaliser les robes des deux petites de demoiselles d’honneur, Anaïs, ma fille, 6 ans à l’époque, et Léna ma nièce (la fille d’Armelle) tout juste 1 an. En fait j’ai réussi à faire celle d’Anaïs mais pas celle de Léna.

Anaïs

Réalisée dans le même tissu que la jupe de la robe de la mariée, la robe  possède un empiècement boutonné devant, un large col marin bordé de dentelle et des manches bouffantes.

Voilà, presque 20 ans plus tard, on en parle encore. C’est un formidable souvenir, et je suis très fière d’avoir pu réaliser ce cadeau unique pour une petite sœur unique ! Ben oui, j’en ai pas d’autre  ! Bisous petite sœur, et merci pour les photos !

A bientôt.

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